Artistes

  • Simone Atangana Bekono

    Cette année, l'écrivain en résidence du centre d'art Vooruit est la Néerlandaise Simone Atangana Bekono. Elle y réalise des recherches qu'elle décrit comme suit :

    « Si nous réfléchissons au monde dont rêve un centre d'art comme Vooruit, mais également à ce qu'il se passe dans le bâtiment même, où l'art vit, est exposé (et dans quel cadre), je pense pouvoir étudier une tension et/ou une disparité intéressante(s) entre les personnes, le lieu et la fonction/les attentes qui le concernent. Cette recherche (ou peut-être qu'il s'agit plutôt d'une possibilité d'expérimentation) me semble intéressante à réaliser, car elle comporte un élément d'engagement : en tant que corps humains, que nous racontent les codes que dégagent ces espaces et que cela révèle-t-il de l'histoire de ces espaces et de nos corps dans l'espace public ? »

    Le 27 septembre, elle participera à une soirée littéraire dans le cadre du Festival de l'architecture.

     

    Simone Atangana Bekono (née en 1991) a été diplômée en 2016 de Creative Writing ArtEZ avec un recueil de poèmes et de lettres intitulé « Hoe de eerste vonken zichtbaar waren » (Comment les premières étincelles se firent visibles). Elle possède déjà un beau palmarès de publications (« De Optimist », « Samplekanon », « De Gids »…) et de performances (« Nacht van de Poëzie » [Nuit de la poésie], les festivals « Wintertuinfestival », « Read my World »…). Au cours de l'été 2018, Simone a reçu le « Poëziedebuutprijs Aan Zee » (Prix du jeune talent en poésie) au festival Théâtre-sur-mer (Ostende) pour son recueil médiatisé « Hoe de eerste vonken zichtbaar waren » (Comment les premières étincelles se firent visibles). Elle travaille actuellement sur un roman qui paraîtra aux éditions Lebowski.

  • Emma Lesuis

    Dans le documentaire en direct « Aardappelbloed » (Sang de pomme de terre), Emma Lesuis écrit, à l'aide de mots et d'images, une lettre à Zaire, son arrière-arrière-arrière-grand-mère surinamienne. Cette dernière a été réduite en esclavage dans la plantation Mon Souci sur le fleuve Commewijne. Emma a-t-elle droit aux terres où Zaire a versé sa sueur ? Dans ses recherches visant à savoir si elle possède un droit juridique ou moral sur la plantation, elle met le cap vers l'intérieur des terres, caméra à la main. Au cours de son voyage, elle sera confrontée à un passé esclavagiste dont elle ne savait que peu de choses jusqu'à présent. Mais ce passé est-il si éloigné que cela ? Ou… ? En méditant sur le fleuve Suriname, elle se demande dans quelle mesure elle est (encore) elle-même Surinamienne.

    Dans ce documentaire en direct, Emma vous emmène chez Mama Sranang et partage ses pensées avec vous au fur et à mesure de son voyage. Le tout est accompagné du son d'une contrebasse. La première belge de ce documentaire aura lieu lors du TheaterFestival de Gand.

     

    Emma Lesuis (née en 1988) raconte des histoires à l'aide de mots et d'images. Elle a étudié l'art de la parole au Conservatoire royal d'Anvers. Elle réalise des documentaires pour la chaîne Canvas et présente des documentaires en direct sur scène. Emma écrit également des textes pour le théâtre et des plateformes en ligne telles que rekto:verso. Elle travaille actuellement sur une courte série de documentaires portant sur les rénovateurs démocratiques en Europe pour la fondation « Stichting Nieuwe Helden ».

  • Lieke Benders

    « STIL. » (SILENCE) est un projet de 4 ans (2017-2020) dans lequel la réalisatrice de théâtre visuel Lieke Benders se penche sur le thème du silence. Elle le fait chaque fois depuis une perspective différente, par le biais de rencontres avec des créateurs et des personnes silencieuses, de façon intentionnelle ou forcée, dans la société. La forme des œuvres qui en résultent varie des installations vidéo aux performances, en passant par des textes dramatiques et des expositions, sans oublier l'apport du public.

    Ce projet évoluera jusqu'à devenir un grand musée définitif en 2020. Lors de la troisième édition du festival C-TAKT (Genk), la mini exposition « STIL. » (SILENCE) donnera un aperçu du projet à ce moment. L'artiste vous emmènera en balade dans la nature, assis dans un globe grandeur nature, où vous écouterez les différents silences collectés par un compositeur du silence. L'auditoire « STIL. » (SILENCE) est un podium « pop-up » où auront lieu des conversations profondes avec des amateurs de silence (scientifiques, philosophes, architectes, musiciens, etc.).

     

    Lieke Benders a grandi à Sittard (Pays-Bas) et a été diplômée de l'Académie d'art dramatique de Maastricht en 2003 en tant que réalisatrice. Depuis 2010, elle est la directrice générale de la fondation « Hoge Fronten ». Son œuvre se situe à la frontière entre les arts plastiques et le théâtre, entre le théâtre et la vie quotidienne, entre les formes dramatiques traditionnelles et nouvelles. Elle a délibérément opté de ne pas être agressive, tape-à-l'œil ou choquante.

  • Het Nederlands Kamerkoor

    « Het Nederlands Kamerkoor » (L'Ensemble vocal néerlandais) a conçu un programme qui s'inspire de la démence et de la musique en tant que thérapie. L'idée est venue de leur directeur Tido Visser, dont le père était dément, et le texte a été écrit par Spinvis. La représentation fait alterner chant, musique et jeu. Le public voyagera dans l'esprit d'un homme souffrant de démence. Lorsque les mots font défaut, la musique prend la relève avec une sélection musicale qui reste en tête, issue du répertoire choral contemporain.
    Laissez-vous emporter par un projet émouvant dans lequel des créatifs de tous horizons se retrouvent dans un melting-pot de théâtre, de musique et de déchéance !

     

    « Het Nederlands Kamerkoor » (L'ensemble vocal néerlandais) est l'une des meilleures chorales au monde depuis plus de 80 ans. Elle est connue pour son parcours aventureux et novateur. L'éducation et la participation font partie intégrante de la mission de la chorale. Depuis 2015, Peter Dijkstra en est le chef de chœur. Il s'agit de l'un des chefs de chœur les plus demandés au monde. Il garantit des prestations époustouflantes à chaque fois. 

    Tido Visser est directeur général de « Het Nederlands Kamerkoor » (L'Ensemble vocal néerlandais) depuis 2013. La raison de la représentation « Vergeten » (Oublié) était personnelle. En effet, son père, qui n'est autre que le célèbre baryton Lieuwe Visser, est décédé il y a cinq ans, des suites d'une démence.

  • Sissel Marie Tonn

    « The Intimate Earthquake Archive » (Les archives intimes des tremblements de terre) est une installation interactive qui traduit les données sismiques recueillies par l'Institut météorologique des Pays-Bas en expériences corporelles. Ces données concernent les tremblements de terre à Groningue (Pays-Bas) qui ont résulté de l'affaissement du sol causé par l'extraction de gaz naturel répétée au fil des années.

     

    Un gilet spécialement conçu pour l'occasion convertit les données en compositions vibratoires sur le corps du visiteur. Les vibrations parcourent la peau du visiteur de la même manière que les tremblements de terre ont traversé la région de Groningue, provoquant ainsi une « écoute profonde » du corps.

    Ce projet d'art/de design est issu d'une collaboration internationale entre les festivals FIBER/Amsterdam et KiKK festival (Namur). Ils explorent de nouvelles formes de narration liées à la relation fragile et souvent instable entre l'homme/la technologie et l'écologie. Grâce à ce projet, ils souhaitent jeter des ponts entre les différents secteurs créatifs et les différents publics, au niveau local et international, par l'intermédiaire de leurs réseaux en ligne.

     

    Sissel Marie Tonn (née en 1986, au Danemark) a fini son Master en recherche artistique à l'Académie royale des beaux-arts de La Haye en 2015. Dans son œuvre, elle utilise des textes, des montages, des sons, ainsi que des objets et des instruments portables. Sissel se concentre sur les structures sensorielles et perceptives de l'attention au sein d'environnements en évolution. 
    Sissel a créé l'initiative « Platform for Thought in Motion » (Plateforme pour les pensées en mouvement) avec Jonathan Reus. Elle a reçu le prix Theodora Niemeijer destiné aux femmes artistes émergentes (2016) et a été artiste résidente à l'Académie Jan van Eyck de Maastricht (2017).

  • Yeb Wiersma & Lotte Geeven

    « Arise » (Soulèvement) est une quête artistique de la puissance et du danger que représente la musique dans la manipulation des émotions des masses. Dans cette quête, les artistes utilisent les hymnes nationaux comme fil conducteur. Avec le compositeur iranien Kaveh Vares, elles ont analysé et décomposé différentes chansons populaires des pays dont sont issus les habitants de Malines. Le tout a donné lieu à un court-métrage et à une intervention publique dans la ville de Malines, qui sera intégrée au film. La première de ce film aura lieu dans la nouvelle salle du centre d'art nOna, au second semestre de novembre.

    Les hymnes nationaux, qui datent souvent de plusieurs siècles, étaient autrefois composés pour donner aux peuples un sentiment de fierté nationale. De nos jours, nous ne voyons guère que des bouches marmonner les paroles, sans émotion, lors de matchs de football internationaux. Néanmoins, l'hymne national ne va pas disparaître de si tôt. Il est encore utilisé comme instrument efficace pour renforcer le lien avec l'identité et la culture nationales. Chaque mot, chaque ton, chaque intervalle et chaque phrase ont été choisis avec soin dans le but d'amener nos émotions à un point d'abandon ; le point de basculement où nous perdons notre « soi critique » dans la masse. Que se passe-t-il lorsque nous débarrassons ces spectacles orchestraux des références géographiques ou nationales ? Si nous découpons les paroles pour en faire un collage aliénant, détaché de toute frontière nationale ? Si nous isolons les tons de leur contexte ? Pouvons-nous démasquer les instruments qui se cachent derrière un hymne national et utiliser la même méthode pour hypnotiser le « dernier individu » de la masse ?

    Yeb Wiersma associe dans ses projets des films, des photographies, des interventions, des performances et des textes. Grâce à son œuvre hybride, elle évoque les relations et réalités étonnantes entre différentes personnes, (dans) différents objets, époques et lieux animés, et (dans) des forces visibles. Ses œuvres ont été exposées par « De Oude Kerk », « een Verhaal van een Ton », WEST, FOAM Amsterdam, « Migrant Journal », Kröller Müller Museum…

    Lotte Geeven (née en 1980) réalise des portraits aventureux sur le rapport humain à des concepts abstraits insaisissables comme l'espace aérien ou le globe terrestre. Partout dans le monde, elle étudie la façon dont nous essayons de comprendre et de contrôler ces phénomènes complexes. Ses œuvres ont notamment été exposées dans différents musées et galeries à New York, Berlin, Budapest, Londres, en Chine, en Indonésie et au Canada. En 2010, Lotte a remporté le prix Illy, qui récompense l'artiste le plus innovant. 

  • Claudy Jongstra

    « Back to Black » (Retour au noir) est un projet interdisciplinaire de l'artiste contemporaine Claudy Jongstra qui relie l'expertise d'un musée (Museum Hof van Busleyden) à celle d'un groupe de recherche universitaire (ARTECHNE). Claudy Jongstra explore et enrichit de façon interactive la perception actuelle de cette couleur par le visiteur. Elle le fait au moyen des recettes centenaires utilisées pour fabriquer le noir et des connaissances de l'histoire de l'art à propos de cette couleur, à l'époque bourguignonne. Ce projet se concentre sur le noir, car cette couleur a toujours été associée à des concepts indiscutables au fil du temps. Le noir était la couleur dans laquelle les monarques de la maison de Bourgogne et de Habsbourg préféraient s'habiller, et les artisans de Malines étaient connus dans toute l'Europe pour la teinture noire des tissus pour vêtements. Aujourd'hui, cette couleur donne lieu à des associations complètement différentes : de l'élégance à la peur en passant par la clandestinité et la solennité.

     

    Claudy Jongstra est connue dans le monde entier grâce à ses œuvres monumentales faites de laine et de soie, teintées à l'aide de pigments naturels et souvent exposées dans des bâtiments publics. Son œuvre comprend également des œuvres d'art à plus petite échelle exposées dans de nombreuses collections internationales de musées, de particuliers et d'entreprises. Dans son travail, elle définit différentes couches de feutre et de tissu par de subtiles broderies, conférant à l'œuvre d'art une qualité sculpturale.

  • Malique Mohamud

    Dans le cadre de Verve, Malique Mohamud a créé un espace dédié aux installations/performances interactives, il développe une installation dans un night shop. Les récits qui en résultent sont traduits en un programme (en ligne) non linéaire. Il s'agit, par exemple, de podcasts et de mixtapes qui seront produits lors de l'exposition. Un webdocumentaire, une galerie en ligne et un récit d'accompagnement expliquent également le discours relatif à l'urbanité dans les villes occidentales postcoloniales.

    À l'instar des Pays-Bas, la Belgique se tourne de plus en plus souvent vers le domaine culturel pour apporter des réponses aux questions portant sur la qualité de vie, l'intégration et la diversité au sein de la société. Nos sociétés présentent de nombreuses similitudes, mais également de grandes différences culturelles. Ce sont précisément ces différences essentielles qui permettent aux rencontres d'apporter de nouvelles perspectives et des échanges intéressants.

    Pendant deux week-ends, deux magasins de nuit, le premier à Bruxelles et le second à Rotterdam, seront réinterprétés en tant que laboratoires urbains et musées informels. Différents thèmes y seront explorés au moyen d'installations et de performances mêlant plusieurs médias.

    Les salons de coiffure, bars à chicha, terrains de football et magasins de proximité sont des espaces dans lesquels une nouvelle identité urbaine prend racine et où la vie diasporique prend tout son sens. De tels espaces pourraient-ils soulever des questions portant notamment sur l'identification, le déplacement forcé de populations et le stress postcolonial ? Que se passerait-il si les typologies de ces espaces (semi-)publics et la culture qui s'y développe figuraient au centre des plans de développement urbain ? En collaboration avec un groupe de créateurs et de penseurs bruxellois et rotterdamois issus de l'immigration, Malique Mohamud se penche sur les capacités de régénération du magasin de proximité.

     

    Malique Mohamud (né en 1984) est un innovateur dans le secteur créatif de Rotterdam. Il est écrivain, créateur, chercheur en culture urbaine et directeur artistique de la plateforme « Concrete Blossom ». Malique défend et cherche à donner un sens à la production culturelle depuis le point de vue afro-diasporique. L'autonomie, la subversion et les rapports de force sont des thèmes récurrents dans son travail.

  • Promising Young Architects ’19

    Pour la troisième année consécutive, « Het Nieuwe Instituut » et le « Vlaams Architectuurinstituut » (Institut flamand d'architecture) organisent un échange de deux jours pour les jeunes architectes prometteurs des Pays-Bas et de Belgique. Le thème central de cette édition est « Other than Dominant Narratives in the Collective Memory of the Urban Landscape » (Récits non dominants dans la mémoire collective du paysage urbain). Le thème de cette année s'inscrit dans le cadre d'un programme de recherche à long terme de « Het Nieuwe Instituut ».

    L'échange consiste en un atelier, des visites de lieux et d'archives, et une réunion d'experts. Quinze architectes néerlandais et quinze architectes belges seront mis au défi de répondre à une mission de réaffectation à Rotterdam, à partir de leur propre pratique. L'échange de connaissances entre les pays voisins figure au centre de ce projet.